Eugénie Baccot

Documentary Photographer

May God save the drag queen !

Cela fait 4 heures que Tony Soto s’est enfermé dans l’arrière-cuisine d’un centre d’activités extra scolaire situé dans un quartier branché de San Francisco. Maquillage grandiose, jupe léopard parfaitement ajustée et perruque blonde, Tony, connu sous le nom de scène de la queen de la nuit est enfin prête. Il n’est pas encore 10h du matin, mais la Drag-Queen Story Hour peut commencer.

Des têtes - très souvent blondes, prennent progressivement place dans la grande salle de lecture. Alors que les plus jeunes ont à peine quelques jours, les autres entrent dans l’adolescence.

Une heure durant Tony lit des histoires à son public. Des histoires où il est question de différence, d’acceptation de soi et de l’autre, de communauté. Ici point de princesse, mais des héros ordinaires, des femmes, des transgenres ou des non-blancs. La séance commence avec le conte d’une petite fille afro-américaine qui veut de devenir scientifique et se termine avec celle d’un jeune garçon qui n’a qui rêve: celui de porter des robes magiques.

Comme Tony, les drag-queens sont de plus en plus nombreuses à délaisser le milieu de la nuit pour se préparer pour ces lectures comme pour leurs plus belles revues, dans les clubs de West Hollywood ou du Castro à San Francisco. « Le but est de capter l’imagination des enfants et jouer avec la fluidité de genre propre à l’enfance pour donner aux enfants des modèles glamour, positifs et sans-gêne » explique Michelle Tea à l’origine du concept des Drag-Queens Story Hour. La toute première lecture s’est tenue dans la bibliothèque Harvey Milk située dans le quarter du Castro, quartier historique de San Francisco. Tout un symbole. Depuis les drag-queens lisent, encore et encore aux quatre coins des USA, de New York à Chicago.

Texte Anne-Laure Pineau // freelance journalist // www.youpress.fr