Eugénie Baccot

Documentary Photographer

Wakaliwood : pour l'amour du cinéma ougandais

200 dollars? Le budget moyen d'un film. Le matériel? Des poêles à frire et des tubes en plastique pour imiter des lance-roquettes, des préservatifs remplis de colorants pour les blessures. Les moyens du bord, en somme. Bienvenue à Wakaliwood, la nouvelle industrie naissante mais en plein boom du cinéma ougandais. Dans cette petite ville de 2000 habitants, qui rêve d'un destin glorieux à la Hollywood, un tournage s'apprête à débuter "Ebola" : l'histoire d'un virus qui part d'Ouganda et se répand à travers le monde. Le co-réalisateur M. Hofmanis, un Américain installé dans le pays, a lancé un financement participatif qui a atteint 13000 dollars. Une véritable fortune. Avec, il va pouvoir acheter générateurs, projecteurs et disques durs. Pas bête. Et même des soins dentaires aux comédiens, précise-t-il. Isaac Nabwana, un autre réalisateur, scénariste, commercial, quarantenaire multicasquettes, croit dur comme fer au succès de cette industrie cinématographique et continue à réaliser ses films d’action aux scenarii cousus de fils rouges mais qui plaisent tant dans le pays.

Texte Delphine Bauer // freelance journalist // www.youpress.fr